Vivre au quotidien les changements climatiques en Basse-Côte-Nord hier, aujourd’hui et demain
Chevery, le 14 septembre 2026 – Les impacts des changements climatiques sont ressentis intensément en Basse-Côte-Nord. Ils affectent le mode de vie, l’accès aux services essentiels, l’économie et les pratiques traditionnelles et actuelles des communautés.
Ces bouleversements, souvent perçus comme des événements ponctuels, n’avaient jamais été rassemblés dans une approche régionale, ni mis en relation avec les tendances climatiques documentées à l’échelle provinciale. Il devenait donc essentiel pour les élus de la MRC de se doter d’un tel portrait de manière à mieux défendre les dossiers régionaux auprès des différents interlocuteurs.
La MRC a donc le plaisir de vous présenter le rapport et la carte narrative issus de la recherche Vivre au quotidien les changements climatiques en Basse-Côte-Nord hier, aujourd’hui et demain, menée par la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord du Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal, en partenariat avec la MRC et ses cinq municipalités, et avec l’appui des communautés innues de Pakua Shipi et d’Unamen Shipu.
Il s’agit d’une étude qui met en lumière l’ampleur des transformations vécues par les communautés de la Basse-Côte-Nord. Les changements climatiques y entravent la mobilité, menacent la survie de pratiques sociales et culturelles et, surtout précarisent l’accès aux services essentiels, notamment en santé. Ils accentuent également les difficultés socioéconomiques et démographiques existantes, exacerbant ainsi l’isolement de la région.
L’équipe de recherche a recueilli les témoignages de 217 personnes, soit l’équivalent de 4,5 % de l’ensemble de la population de la Basse-Côte-Nord. La collecte d’information a reposé sur 42 entrevues individuelles, 17 ateliers de cartographie participative de groupe, un sondage en ligne et l’observation participante des chercheures. Ces témoignages ont été croisés avec les données climatiques existantes, différentes statistiques gouvernementales et des indicateurs socioéconomiques régionaux.
Aux versions française et anglaise du rapport s’ajoute une carte narrative bilingue accessible en ligne, où vingt capsules vidéo donnent directement voix aux résidents et résidantes des villages bas-côtiers et des communautés innues, filmés dans des lieux de leur communauté particulièrement sensibles aux changements climatiques.
Par la qualité du portrait qu’il dresse, le rapport et la carte narrative Vivre au quotidien les changements climatiques en Basse-Côte-Nord hier, aujourd’hui et demain donnent à la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent de précieux outils pour sensibiliser ses partenaires gouvernementaux et privés aux enjeux centraux vécus par les communautés de son territoire.
Nous invitons les différentes formations politiques en campagne électorale et surtout le prochain gouvernement à prendre connaissance des résultats de cette recherche et à considérer les défis reliés aux impacts des changements climatiques dans l’élaboration de politiques touchant la Basse-Côte-Nord. La MRC réitère par ailleurs que les solutions de rechange en matière de transport ne répondent pas aux besoins de sa population et que les défaillances de ces alternatives risquent de s’aggraver avec les bouleversements climatiques. Le parachèvement d’une route continue entre Kegaska et Vieux-Fort demeure la seule option sérieuse pour désenclaver l’ensemble du territoire.
La MRC tient à remercier la Société du Plan Nord pour sa participation financière à la recherche, les très nombreux résidents allochtones et innus de la Basse-Côte-Nord qui ont participé au projet et accepté de livrer leurs témoignages, de même que la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord, et plus particulièrement sa titulaire Laurie Guimond et son équipe, pour leur ouverture, leur passion et leur professionnalisme.
« Comme élus, nous entendons constamment des récits de rendez-vous médicaux manqués, de traversées annulées, de déplacements devenus impossibles. Ce qui nous manquait, c’était un portrait d’ensemble reliant ces situations les unes aux autres. Le rapport nous le donne. Il nous permettra de mieux faire entendre les voix de la Basse-Côte-Nord auprès des autres paliers de gouvernement. », Daren Jones, préfet de la MRC
« La richesse de cette recherche réside dans l’importante participation citoyenne dans chacune des communautés de la Basse-Côte-Nord. Les gens ont été très engagés à partager les réalités du territoire qu’ils habitent, les transformations qu’ils observent au quotidien, leurs inquiétudes, leurs visions d’avenir. Leurs généreux témoignages révèlent leurs fines connaissances du territoire, leur attachement profond à son égard, et à quel point les changements climatiques bouleversent chaque dimension de leur vie, en particulier la mobilité au coeur de leur mode de vie. Tous les moyens et infrastructures de transport en sont affectés, ce qui entrave l’accès aux services essentiels, affecte la sécurité, les accidents et les risques, perturbe les pratiques sociales et culturelles, touche l’économie, la distribution et les patrons migratoires des espèces floristiques, fruitières et fauniques. », Laurie Guimond, titulaire de la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord du Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal.
Faits saillants
- 83 % des personnes sondées estiment que les changements climatiques affectent « beaucoup » ou de manière « extrême » leur vie quotidienne. (section 6.1, p. 102)
- Les changements climatiques affectent chaque moyen de transport et chaque infrastructure de transport, et ce à des degrés variés (motoneige; Route Blanche; avion et aéroport; Bella Desgagnés; pont de glace entre Harrington Harbour et Chevery; hélicoptère et héliport; bateau personnel; traversier entre Chevery et Harrington Harbour; route 138; aéroglisseur entre Saint-Augustin et Pakua Shipi; route municipale; voiture, VTT, digue et quai). (p. 59)
- Le transport aérien est le mode le plus critiqué : de 51 à 53 % des utilisateurs s’en disent insatisfaits. (section 4.2, p. 57; figure 16, p. 58)
- La Route Blanche n’a connu aucune journée d’ouverture complète lors des saisons 2022-2023 et 2023-2024, alors qu’elle restait praticable une soixantaine de jours par hiver au début des années 2000. (figure 27, section 4.3.1.5, p. 74-75)
- L’imprévisibilité engendrée par les changements climatiques exacerbe l’isolement géographique et les inégalités d’accès aux services essentiels. (conclusion)
- Les stratégies d’adaptation individuelles et communautaires adoptées ou proposées illustrent le désir de préserver le mode de vie et de renforcer les solidarités locales et régionales. Les stratégies institutionnelles et gouvernementales structurantes se font attendre, en particulier en ce qui concerne l’amélioration de la desserte en transport et le raccordement au réseau routier extrarégional. (conclusion)
- Le prolongement de la route 138 constitue le besoin le plus largement exprimé et la mesure d’adaptation jugée la plus structurante. (sections 4.1, p. 56 et 7.2.1, p. 155; également au résumé, p.V)
À propos de la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord
La Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord a été créée en 2024 au Département de géographie de l’UQAM. Les travaux menés à la Chaire permettent d’analyser les processus géographiques de l’habiter nordique dans un contexte de profondes mutations territoriales. Ils étudient les pratiques, les représentations, les savoirs et les mémoires ancrés dans les territoires ancestraux, les communautés autochtones et allochtones, les milieux naturels et culturels transformés par l’industrie extractive, les établissements éphémères ou dits disparus du Nord québécois. Son programme de recherche se décline en trois axes : Nord habité; Migrations et mobilités; Cohabitation interculturelle. (Source : Site Web de la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord)
La Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord a été créée en 2024 au Département de géographie de l’UQAM. Les travaux menés à la Chaire permettent d’analyser les processus géographiques de l’habiter nordique dans un contexte de profondes mutations territoriales. Ils étudient les pratiques, les représentations, les savoirs et les mémoires ancrés dans les territoires ancestraux, les communautés autochtones et allochtones, les milieux naturels et culturels transformés par l’industrie extractive, les établissements éphémères ou dits disparus du Nord québécois. Son programme de recherche se décline en trois axes : Nord habité; Migrations et mobilités; Cohabitation interculturelle. (Source : Site Web de la Chaire de recherche du Canada avec les milieux de vie du Nord)
À propos de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent
Constituée en 2010, la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent est l’instance de gouvernance régionale de la Basse-Côte-Nord. Son conseil réunit les maires de ses cinq municipalités : Blanc-Sablon, Bonne-Espérance, Saint-Augustin, Gros-Mécatina et Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent ainsi qu’un préfet élu au suffrage universel. Elle exerce des compétences en aménagement du territoire, en développement économique et administre le territoire non organisé du Petit-Mécatina. Son territoire de 48 147 km² s’étend sur 375 km de littoral dépourvu de lien routier continu, où résident quelque 3 400 habitants issus des communautés anglophone, innue et francophone. (Source : MRC du Golfe-du-Saint-Laurent)